06 février 2008
item n°4 : Savoir Pourquoi tu le fais
On vient de faire hospitaliser une gamine, qui
ne mange presque plus, qui veut mourir et qui ne trouve pas ça si grave. Qui a
13 ans. Je suis un peu tristoune : ils sont tellement
mignons ces pré-ados, c'est dommage d'en arriver là. Mais bon, ça s'est passé
sans trop de difficulté : elle était d'accord, sa maman a fini par l'être
aussi... si c'est pour son bien. (C’est
qu'en fait madame on n'a pas l'habitude d'enfermer des jeunes filles pour notre
plaisir, ici...)
Ca ne doit pas être facile.
Mais en fait, si j'y pense, ça m'est déjà arrivé
dans ma courte vie d'externe.
Autre lieu, mais toujours en pédopsy. Le petit
V., 8 ans est autiste (qui parle, parce que j'en ai d'autres qui ne parlent
pas). Il crie qu'il va mourir et se jette la tête la première contre la porte
de l'hôpital de jour. Sa voix vire au suraigu et il se cogne de plus en plus
fort. Je prends peur, et je l'attrape avec mes petits bras, pour finalement me
retrouver à le maintenir de toutes mes forces. En priant pour que les
soignantes arrivent vite. C'est qu'il a de la force, avec toute son agressivité
qui explose tout d'un coup.
C'est que je ne sais pas trop quoi faire, avec
toute mon inexpérience crasse...
Et aujourd'hui encore, je me demande : et si je
l'avais lâché, se serait-il calmé plus rapidement ? Se serait-il fait plus mal
encore ? Imaginez-vous, avec un petit bout d’homme dans les bras, qui vous
hurle dans les tympans une violence qui le dépasse lui-même et qui se débat
avec l’énergie du désespoir.
Il y a de quoi ne pas être particulièrement à
l’aise et sûre de soi.
Petit V. a terminé sa crise de colère dans la
cour de récréation. Epuisé.
Pour recommencer sans doute quelques jours
après.
Ce sont des énigmes face auxquelles tout le
corps médical semble parfois impuissant.
Moi je ne sais toujours pas comment on aurait pu
l'aider. Mieux.
Commentaires
:)
Les mots me manquent alors je dirai que ça ressemble à la vie, ce mélange de tristesse et de fatalité mélées à cette beauté de la reflexion...
Même avec les mots qui te manquent, ça me va droit au coeur, c'est exactement ça :-)
J'aime beaucoup les petits autistes, et je vais faire un stage bientôt dans une autre structure, où on va pouvoir m'apprendre à communiquer avec eux, via des méthodes que je ne connais pas encore ! Je suis ravie... et impatiente !
Gros bisous
reuh
Oui, ils sont d'un autre univers qu'il nous faut décoder. Bon courage pour ton stage !
Bisous *
c'est vrai, il y'a de quoi etre decontenancé devant certaines situations...
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