Open Blue Eyes

Au jour le jour, des études de médecine à la photographie, un regard sur le monde et autres petits riens sur lesquels vous raconter mes histoires.

20 février 2009

Dire ou ne pas dire

Ils ont des habitudes bizarres dans mon service.
La plus bizarre à mes yeux étant celle qui consiste à dire les choses devant le patient, mais sans les dire "pour de vrai". En utilisant un langage codé.
Bon, le code n'est pas si compliqué, il s'agit juste du "syndrome D.", en fait.
D comme Démence.
D comme "ne le disons pas trop fort au cas où ça nous porte malheur".
Parce que le patient, s'il est vraiment dément, il s'en contrefout de l'entendre dans la bouche d'un médecin, hein.
Et puis s'il l'est juste un peu, je sais pas si le mot Démence est franchement plus inquiétant qu'un charabia à base de "syndorme D.", de "déterioration cognitive avancée" et de "MMS à dix-sept".

 

C'est comme dire devant un patient alcoolique patenté : "Hum, ce monsieur souffre d'exogénose". Voir "d'intoxication exogène" si on veut faire encore plus hautain.
C'est pire que tout nos gros mots médicaux où on se la joue grand docteur en face du patient avec des noms compliqués pour désigner des choses toutes simples. C'est parler du patient sous son nez, avec un fond de jugement de valeur qui, ma foi, est fort désagréable à entendre.
Moi, en visite, quand je présente mes patients buveurs, je dis "consommation alcoolique excessive". Comme ça ils savent de quoi il en retourne. De toute façon, ils sont au courant depuis bien avant nous.

 

Y'a même un médecin des urgences qui nous a inventé un syndrome : "Le syndrome de Diogène". Référence à la mythologie où Diogène dormait dans un tonneau, parait-il.
Ben avant qu'on devine, nous, que c'était juste un patient à l'hygiène déplorable et aux conditions de vie sans doute plus que précaires, ben on a cherché. On s'est refait Orphanet et tout ce qu'on pouvait imaginer comme maladie-à-nom-propre. On n'a rien trouvé. Et pour cause.

 

Bref, ce syndrome D., ça me gène à chaque fois.
A chaque fois jusqu'à hier.

 

Hier où à la visite, devant une patiente mourrante sous morphine, valium et scopolamine, complètement inconsciente, mon chef préféré du service a parlé de "Syndrome D. sous-jacent".

 

Là, je baisse les bras !


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08 février 2009

Take it easy...

Je me suis fait rare, ces temps-ci – Toutes mes excuses, très chers lecteurs – et pour cause : mon stage de médecine interne est très prenant et passablement déprimant. Voyez plutôt :

  • La fac s’est trompé dans l’attribution des externes : alors que partout ailleurs ils se battent pour voir un patient par jour, nous sommes deux. Pour 17 patients. Qui changent tous les deux ou trois jours, nouvelle rémunération des hôpitaux oblige.
  • En parlant de cette nouvelle rémunération, les médecins se sont mis à se battre non plus parce que les patients sont trop lourds à gérer pour les équipes infirmières et aides-soignantes, mais parce que les patients coûtent trop cher. Je sais donc qu’un VAC (la pointe de la technologie pour soigner les escarres) coûte 50 euros par jour et qu’on y perd. Du coup, faut renvoyer le patient avant de faire le nouveau pansement. Et avant le repas de midi aussi, sinon ça compte comme une journée entière.
  • La petite dame chez qui on a découvert un cancer ne le sait toujours pas. Elle a eu des explorations de partout, deux chirurgies, est passée dans trois services différents, et sa famille, mise au courant, est venue depuis l’autre bout de la France pour la voir. Mais personne ne lui a rien dit, à elle.
  • Les urologues sont mes amis. Un patient opéré il y a deux ans pour un néo de prostate revient aux urgences avec des métastases osseuses absolument partout. Il a su me dire qu’il avait été opéré d’un néo, mais personne ne lui avait dit que c’était un cancer. Annonce du diagnostic avec deux ans de retard… chouette.
  • Le même patient s’est mis en rétention aigue d’urine chez nous, les urologues ne sont pas arrivés à le sonder et son cathéter sus-pubien s’est bouché. Ils ont donc proposé de faire des soins palliatifs en laissant la vessie pleine. Aïe…
  • Une dame est morte dans le service avant que je puisse faire l’observ’. On était passé à la visite juste avant, le médecin comme à son habitude ne lui avait pas dit bonjour, avait parlé d’elle pendant un quart d’heure en lui tournant le dos, lui avait soulevé les yeux comme on regarde la mâchoire d’une bête à vendre, avait dit bien fort combien ça s’annonçait mal, et était parti. C’est la fille qui est venue nous voir en disant « je crois que c’est fini ».
  • Nos trois internes ne supportent pas l’ambiance du service. L’une continue de bosser malgré tout, la seconde s’est dit que les externes seraient un excellent défouloir, et la dernière préfère nous snober et communiquer avec nous par des ratures sur nos observations.
  • L’hôpital où nous sommes n’a presque pas de brancardier, et personne dédié à amener les bilans au laboratoire. Du coup, quand on fait des gaz du sang, c’est à nous de prendre nos petites pattes pour apporter notre trophée aux dames du laboratoire. Qui nous ont bien fait comprendre dès la première visite qu’elles n’allaient pas nous faciliter la vie, et que tout échantillon non strictement conforme serait immédiatement rejeté.
  • D’ailleurs, si le médecin a décidé de faire une entorse au planning des examens complémentaires prévu, et d’en rajouter un hors créneau, les externes sont les brancardiers idéals. A utiliser sans modération, ils ne savent pas conduire un lit dans les couloirs mais ils restent de la main d’œuvre pas cher.

Ce qui me console, c’est que dans cet univers hors du monde, les patients restent humains. La petite dame du début a refusé la biopsie qu’on lui proposait sans en dire plus au médecin. Quand je suis allée lui parler, elle m’a expliqué : « J’avais une amie, qui faisait des mammographies régulièrement, comme tout le monde. Un jour, elle devait avoir 50, 55 ans, ils ont vu quelque chose, ils lui ont fait une biopsie. Et elle est morte trois mois plus tard. Alors vous comprenez, moi, cette histoire de biopsie, je n’y tiens pas… ».


 

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28 novembre 2008

Miss Météo fait de la prévention...

Une matinée comme les autres dans mon service d'endocrino.
J'arrive avec mon nez rouge (dehors il fait froid), les yeux larmoyants (il fait très froid), et les bouclettes défiant vertigineusement la pesanteur avec leurs pirouettes à 180 degrés (vous avez deviné : il pleut). Miss météo is back.
J'enfile ma blouse et toute la crédibilité que je peux glaner avec mes accessoires de docteur plein les poches avant d'aller voir mon premier patient.

C'est une dame comme on n'en voit (pas) que dans les cas cliniques ou dans les livres, c'est une dame qui a tous, tous, tous les facteurs de risque cardiovasculaire répertoriés à ce jour. Sauf l'âge, mais ça c'est une question de temps.
Madame est donc hypertendue, diabétique et ancienne (depuis très peu, et jusqu'à quand ?) fumeuse. Elle a du cholestérol et des triglycérides de trop, une obésité accompagnée du joli petit nom de "morbide", et un antécédent familial d'accident cardiaque avant l'âge conventionnel.

J'ai voulu m'excuser, je crois, en apprenant tout ça. Dire "non, madame, ça va pas être possible, vous ne pouvez pas exister en vrai, je vais fermer très fort les yeux et m'apercevoir que je me suis encore endormie sur un bouquin de cours à la bibliothèque...".
Mais non, il a fallu que j'examine, que j'approfondisse les choses, que je déplisse, comme dirait l'autre.

Et ces malades, ils n'ont même pas la décence de se faire suivre, année après année, pour leur pathologie chronique sans en rajouter, non ! Il faut en plus qu'ils s'infectent, qu'ils s'arthrosent, se coincent, et finissent par se retrouver en larmes devant moi : "vous pourriez me faire une ordonnance de trucs pour la douleur, docteur ?"

Alors bon, forcément, elle a du s'en douter, en m'appelant "docteur" je n'allais pas pouvoir lui résister. D'habitude c'est bien moi qui fait les ordonnances, mais le patient les demande toujours au vrai docteur, à la blouse plus blanche que blanche, à la chef, celle aux bouclettes bien disciplinées et qui n'arrive jamais avec un nez de clown dans le service.

J'ai quand même essayé, de parlementer, d'expliquer, d'argumenter : "vous savez, si vous ne faites pas une activité physique, ou de la kiné, votre mal de dos, il passera peut-être avec les médicaments, mais il reviendra forcément"...
Erreur.
Erreur de débutante.
Vouloir traiter le chronique et l'aigu en même temps, quelle idée!

Moi qui ne suis que de passage, moi qui pose mon stétho en m'excusant presque, qui palpe un ventre dont je ne connais pas l'histoire, qui écoute des poumons dont je ne connais pas le bruit d'avant.
Moi qui passe une heure avant, une heure après à éplucher le dossier, à compiler, à résumer cette patiente en une ou deux feuilles d'observations A4.
Et qui ne la reverrai plus.

Et je voudrais la convaincre à se prendre en main ? Quelle blagueuse je suis, hein ?

Elle m'aurait donc attendu pour se mettre au régime, se mettre à bouger son corps, faire de la piscine ou aller se muscler chez le kiné, se soigner au long terme et pas à coup d'antalgiques gobés à la va-vite.

En désespoir de cause, je pose cette question anodine : "C'est bien le docteur Machin, votre médecin traitant ? Il pourra continuer la prescription du Plumalpartou® ?"

"- Oui, c'est lui... mais mettez-m'en pour assez longtemps parce que je vais plus le voir, je lui fais plus confiance."
"- Ah ? Racontez moi ?"
"- Il m'a donné des inflammatoires alors qu'il savait que j'avais mon insuffisance rénale, il me connait pourtant hein. J'ai fais une allergie, j'ai failli être dialysée, hein"
"- Et vous ne comptez pas en changer, du coup ?"
"- Ah ça non, c'est trop compliqué !"

                  ...

Il y a vraiment des situations où l'on se dit qu'être médecin, des fois, ça ne sert vraiment à rien...


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08 novembre 2008

Une autre culture

Lors d'une visite du grand chef de service,
Mademoiselle, 19 ans, deuxième grossesse.
Elle est hospitalisée pour un adénome hypophysaire qui s'est amusé à grossir pendant la grossesse, et à titiller le chiasma optique au 6e mois.
Elle fait partie des gens du voyage. Toute la famille est là, ça papote en espagnol de partout, et les prêtres attendent notre départ de la chambre pour exorciser la fille.

Le chef prend tout son tact et ses synonymes pour expliquer le traitement médical, les bénéfices attendus, les effets secondaires possible, le faible risque d'échec mais dans ce cas le recours à la chirurgie qui se discutera. Il est globalement rassurant et rassuré, et s'apprête à sorti de la chambre quand la maman, rassemblant tout son vocabulaire français, dit devant la fille, le père, et les autres : "Docteur, vous expliquez bien, merci, elle va prendre le médicament, mais si on arrive à une opération, s'il faut choisir entre le bébé et la fille, vous choisissez le bébé, hein. Moi je signe le papier, hein. C'est compris docteur ?"

On a beau se penser suffisamment ouvert, il y a toujours des choses auxquelles on ne s'attend pas, mais alors, pas du tout...

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31 octobre 2008

American movie

Ils m’embêtent, les gens. Ils rentrent pas dans des cases.

C’est vrai, quoi… ce serait plus simple.

Le patient de mon stage en Réa qui refusait une fibroscopie, je l’aurais rangé dans la case « chiant », et c’est tout. Sans chercher à comprendre pourquoi, comment, et à discuter avec lui de ce qu’on pourrait faire de plus acceptable pour savoir d’où il saigne. J’aurais fait comme c’est écrit dans mon bouquin, qui est déjà suffisamment compliqué comme ça. Ou alors je l’aurais envoyé ailleurs, là où il n’aurait pas remis en cause chacune de nos prescriptions.

Tout ça pour un patient tout à fait sensé, ouvert à la discussion, qui voulait juste garder une certaine maitrise sur son corps parce qu’en voyant tous ses voisins intubés-ventilés, il a pris un peu peur.

 

Comme un autre patient, sur la défensive depuis son entrée, que j’avais intérieurement mis dans ma case « bizarre ». Pratique cette case, vous y mettez tous ceux que vous n’arrivez pas à cerner, ceux qui ne vous font pas confiance, ceux qui ne vous disent pas tout, ou qui vous disent des trucs différents de ce qu’ils ont dit à l’infirmière à l’entrée et à l’interne la veille.

Bref, ce matin, il nous a avoué avec pudeur : « Bon, puisque ça a l’air sérieux, il faut que je vous dise, docteur. Je l’ai pas fait en Algérie, ce bilan, c’était en France mais à l’époque, je n’avais pas de papiers, alors j’ai emprunté la carte de sécu d’un copain. J’étais rentré juste pour une consult’, et je me suis retrouvé à l’hôpital… » Un silence. « Vous êtes sûr que je ne risque rien ? ».

Le genre de situation où je maudis Brice un peu plus que d’habitude.

 

Même mon chef, le Blond, s’est amusé à me contrarier. Après ses prouesses auprès de certains patients, je l’aurais volontiers classé parmi les gens hautains, ceux dont l’assurance et la haute opinion qu’ils ont d’eux-mêmes transparaissent à la moindre occasion. A sa manière de dire « on va reprendre l’Education », par exemple. C’est que l’Education Thérapeutique, chez les diabétiques, c’est plus qu’un dogme. C’est l’essentiel pour qu’ils puissent vivre au quotidien avec leur insuline. Mais quand vous entendez ce mot sortir de sa bouche de Blond, on dirait que votre mère ne vous a jamais appris les bonnes manières, et que vous êtes le plus malpoli des patients qui lui ait été donné de rencontrer.  

Un peu comme les chiiiiruuuurgieeeens ou les cow-boys-qui-sauvent-des-vies-et-qui-le-font-savoir, le genre de personne détestable que je fuis comme la peste, c’est ça.

 

Eh bien ce matin, dernier jour pour les internes comme pour les chefs, j’ai vu une personne particulièrement soucieuse de ses patients, de leur bonne compréhension des diagnostics, de leur intimité (à mille lieux de l’anesthésiste qui laissait les femmes les seins à l’air pendant sa visite). Quand il m’a repris pour des erreurs que j’avais faites, c’était pas « Hé, il serait temps d’activer tes neurones si tu veux continuer dans cette voie, t’es sensé le savoir tout ce que je te demande ! », plutôt « Fais attention à ça, c’est important ». Même pas condescendant, rien !

Et au moment de partir, un tout simple : « Bonne continuation miss Marie » qui a fini de déboussoler les petites cases bien rangées de mon cerveau.

 

C’était tellement plus facile de classer les médecins en « humain / pas humain », blanc ou noir, Blond ou brun. Faudrait que j’arrête les films américains avec les gentils et les méchants, ça n’a pas l’air de me réussir.

Je crois que j’ai encore pas mal à apprendre sur les gens.

N’empêche… ils m’énervent ! C’est vrai, quoi…

Posté par OpenBlueEyes à 15:59 - Med'scene - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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06 février 2008

Savoir Pourquoi tu le fais

C'est ma "chef" préférée qui m'a dit ça l'autre jour. Un médecin comme je les admire, qui a une attention infinie pour ses patients, et beaucoup pour moi aussi. Fin de stage et dernière consultation de pédopsy avec elle.

On vient de faire hospitaliser une gamine, qui ne mange presque plus, qui veut mourir et qui ne trouve pas ça si grave. Qui a 13 ans. Je suis un peu tristoune : ils sont tellement mignons ces pré-ados, c'est dommage d'en arriver là. Mais bon, ça s'est passé sans trop de difficulté : elle était d'accord, sa maman a fini par l'être aussi... si c'est pour son bien. (C’est qu'en fait madame on n'a pas l'habitude d'enfermer des jeunes filles pour notre plaisir, ici...)

Mais il parait que des fois c'est plus dur. L'enfant malade peut être violent, très. Il peut se faire du mal ou faire du mal aux autres. A sa maman quand elle le ramènera à la maison si l'hospitalisation n'est pas possible tout de suite, par exemple.

Alors des fois, il faut utiliser la force, me dit ma docteure. La contention, physique et même chimique. Et moi de m'enquérir : "Quand ? Sur quels critères ? Comment ?".

"Non, l'important, c'est de savoir Pourquoi tu le fais", me répond-elle. Parce que sinon, tu vas rentrer chez toi, et te sentir trèèès mal. Si tu ne le fais pas pour la sécurité de l'enfant, alors ça s'apparente à de la maltraitance, et on n'est pas complètement à l'aise après...

Ca ne doit pas être facile.

 

Mais en fait, si j'y pense, ça m'est déjà arrivé dans ma courte vie d'externe.

Autre lieu, mais toujours en pédopsy. Le petit V., 8 ans est autiste (qui parle, parce que j'en ai d'autres qui ne parlent pas). Il crie qu'il va mourir et se jette la tête la première contre la porte de l'hôpital de jour. Sa voix vire au suraigu et il se cogne de plus en plus fort. Je prends peur, et je l'attrape avec mes petits bras, pour finalement me retrouver à le maintenir de toutes mes forces. En priant pour que les soignantes arrivent vite. C'est qu'il a de la force, avec toute son agressivité qui explose tout d'un coup.

C'est que je ne sais pas trop quoi faire, avec toute mon inexpérience crasse...


Et aujourd'hui encore, je me demande : et si je l'avais lâché, se serait-il calmé plus rapidement ? Se serait-il fait plus mal encore ? Imaginez-vous, avec un petit bout d’homme dans les bras, qui vous hurle dans les tympans une violence qui le dépasse lui-même et qui se débat avec l’énergie du désespoir.

Il y a de quoi ne pas être particulièrement à l’aise et sûre de soi.

 

Petit V. a terminé sa crise de colère dans la cour de récréation. Épuisé.

Pour recommencer sans doute quelques jours après.

Ce sont des énigmes face auxquelles tout le corps médical semble parfois impuissant.

 

Moi je ne sais toujours pas comment on aurait pu l'aider. Mieux.

 

Posté par OpenBlueEyes à 13:15 - Med'scene - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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